Finale Races, TT Circuit Assen, 2017. Kees Koning, alors encore le speaker de la finale du TCR Benelux sur le circuit TT Assen, n’aurait pu rêver d’une meilleure conclusion pour la saison 2017 qu’en invitant soudainement le «Grand Chef» (copyright Kees K.) sur le même podium après la cérémonie. J’ai alors eu droit à une ovation debout de la part de tous les membres de l’équipe, pilotes, partenaires, collègues et importateurs de la marque ! Être là, c’était un moment inoubliable, et quand j’y repense, l’émotion est encore palpable. Heureusement, Maxime Salon de Delahaye Racing m’a arrosé de champagne, car les larmes étaient à deux doigts…
Émotion, passion, détermination : voilà quelques mots qui résument ces trois saisons de travail acharné. Trois années d’efforts constants, car fin 2014, on m’a confié le tout nouveau TCR. À ce moment-là, Marcello Lotti avait largement lancé le concept TCR – initialement appelé TC3, mais rebaptisé TCR(acing) pour éviter toute confusion avec le WTCC TC1 et TC2 – dans le monde entier, et je savais que Kronos Events et l’RACB préparaient la renaissance d’un véritable championnat de sprint aux Pays-Bas en 2016 sous la bannière du TCR Benelux !

Environ un an plus tard, Kronos Events organisait le TCR Benelux Kick Off sur le circuit de Mettet, et ce fut un franc succès ! Sous le regard approbateur de Lotti en personne, Marc Van Dalen et le regretté Jean-Pierre Mondron, les pilotes et clients potentiels ont pu tester la SEAT Leon et la toute nouvelle Honda Civic Type R – grâce à Xavier Daffe, j’ai obtenu un essai dans le Moniteur Automobile ! –, Opel a dévoilé la toute nouvelle Astra TCR en première mondiale, et VW a également présenté la Golf en version TCR pour la première fois.
Je ne m’étendrai pas ici sur les raisons de la fin de ce championnat de sprint unique aux Pays-Bas. Je ne détaillerai pas non plus chaque week-end de course, et surtout pas leur préparation. Je me contenterai de quelques exemples. Ou comment l’un des nombreux « arrangements » a été conclu pour aligner suffisamment de voitures sur la grille de départ.

Étant l’une des premières équipes néerlandaises à avoir investi dans la nouvelle série TCR International lancée par Marcelo Lotti avec l’achat d’une SEAT Leon Cup – disons le prototype technique de la TC3, pardon, du TCR –, il était prévisible que je prenne contact avec Bas et surtout Jelle Koeten pour discuter de leur participation à la manche inaugurale du TCR Benelux et les aider à trouver des pilotes adaptés. Pour cette rencontre à Spa-Francorchamps, j’ai ainsi pu associer Loris Cencetti – que j’avais précédemment placé aux côtés de Guillaume Mondron dans une SEAT Leon Cup similaire de l’écurie Allure en BRCC – au pilote de rallye Cédric Cherain. Je savais également, grâce à Jelle, que Jaimie Van den Balck avait été engagé pour une seconde SEAT de Bas Koeten Racing. Cependant, sans avoir encore trouvé de second pilote, et encore moins pu l’annoncer. « Si vous pouvez confirmer Cencetti et Cherain, nous recherchons toujours le second pilote pour Jamie », m’a-t-on écrit depuis Westwoud, aux Pays-Bas. Peu de temps après, Jelle était de nouveau au téléphone et a lâché le nom de nul autre que Tom Coronel, qui à ce moment-là était actif en WTCC avec une Chevrolet de l’équipe ROAL de mon ami Roberto Ravaglia.

N’ayant pas encore reçu l’accord définitif de Cherain, j’ai bluffé auprès de Jelle en lui disant qu’il fallait absolument annoncer l’arrivée de Coronel au monde entier, car cela convaincrait immanquablement les pilotes et partenaires potentiels de choisir le TCR Benelux. Et c’est ce qui s’est passé. Cependant, l’annonce n’a pas été du goût de Georges Dewulf, alors attaché de presse chez Honda Belgique et principal artisan du déploiement des deux Honda Civic pour Stéphane Lémeret et Benjamin Lessennes. Il avait précédemment évoqué le nom de Tiago Monteiro comme coéquipier occasionnel de Lémeret, et Georges craignait que l’arrivée du Néerlandais Coronel n’éclipse complètement son projet concernant Monteiro. Ce fut tout le contraire : le duo Monteiro-Coronel a transformé la Course 1 en un véritable spectacle TCR, et nous avons fait la une des médias internationaux, belges et néerlandais avec le TCR Benelux !
Trophée Colmar-Berg/Luxembourg. Après avoir décroché la 3e place – et pour sa première participation en TCR sur le circuit de Zandvoort –, je souhaitais donner une nouvelle chance à Mathieu Detry, qui avait d’ailleurs terminé de justesse 3e au volant RNT TCR derrière les vainqueurs Dejonghe-Dupont. Ferry Monster était ravi de sa première apparition, et je savais qu’il pouvait toujours négocier un bon prix pour un baquet.

Pour le prologue des 24 Heures de Zolder, il avait déjà un accord avec les portugais Mora-Rodrigues. J’ai donc discuté d’une possible participation à Colmar-Berg avec Roger « Publiaplic » Bertrand, le grand-père et fan de Mathieu, et fournisseur attitré de Kronos Events pour toutes les décoration, autocollants. À ce moment-là, j’aidais Nicolas Renga à trouver l’organisation et le transport nécessaires pour les débuts de l’Alfa Romeo Giulietta TCR, puisque l’équipe de Marc VDS étant indisponible. Ferry était d’accord d’aller récupérer l’Alfa à Charleroi, de la transporter jusqu’à Colmar-Berg et à lui faire une place dans le paddock, sous la bâche, à côté de la… SEAT n° 6. Le coût de cette opération a permis de boucler le budget de Detry, mais ce n’était pas suffisant ; il a donc fallu trouver une deuxième pilote…
Le lundi précédant les courses au Luxembourg, Roger m’annonça la mauvaise nouvelle : un sponsor/pilote s’était désisté. Mauvaise nouvelle, car sans Ferry et la SEAT, nous nous retrouvions sans infrastructure pour l’Alfa, voire pire, l’Alfa pouvait être absente. Deux voitures de plus ou deux de moins ? Finalement, Matthieu de Robiano accepta, désireux de découvrir le TCR, et j’étais ainsi certain de l’arrivée de la SEAT n° 6 et de l’Alfa n° 27 — la cinquième marque sur la grille du TCR Benelux !
Quelques semaines plus tard, le lundi suivant le TT Circuit Assen, je me suis rendu compte qu’aucune équipe néerlandaise ne serait présente sur la grille de départ de la finale sur le Circuit Jules Tacheny de Mettet. Hallo Ferry ? Hallo Toine, le père de Loris, dont la SEAT était (parfois) gérée par Ferry. Hezemans m’a mis en relation avec Hans Hugenholtz, avec qui nous discutions déjà d’un volant de type RNT, mais via la KNAF Academy. Hans pensait que ce serait une bonne idée de faire un essai à Mettet en vue de 2017, mais comme Loris ne faisait pas partie de la sélection de l’Academy, le nom de Willem Meyer, champion de la NK Citybug Cup, a été évoqué. Roger serait-il disposé à arranger quelque chose pour son petit-fils Mathieu ? Et Ferry pourrait-il proposer un budget réduit : un mécanicien le samedi, deux le dimanche ? Résultat : une troisième course en TCR Benelux pour Detry, comme coéquipier de Willem Meyer, autrement dit, un duo 100 % Benelux avec un Belge et un Néerlandais !

Un an plus tard, Willem Meyer prenait place dans l’une des Audi RS3 LMS de l’équipe Bas Koeten Racing, sous les couleurs de KNAF Talent First. Ces deux Audi ont été engagées en partie grâce à un accord avec Het Wijnhuis et Sven Van Laere, ce dernier participant d’ailleurs à la ‘course dans la course’ au volant d’une Clio de Bas Koeten. En 2017, Mathieu a rejoint Maxime Potty au sein de Team WRT afin de partager la Golf GTI.
De nombreuses choses m’ont marqué en tant que coordinateur du TCR Benelux, mais je prends un grand plaisir à évoquer le week-end sur le circuit Jules Tacheny de Mettet en 2017 !
Je fais référence à la victoire de Lorenzo Donniacuo en Sprint 1. C’était aussi la première victoire de l’Audi RS3 LMS de mes amis de Bas Koeten Racing ! Un détail important : juste avant le briefing samedi matin, Bas m’a coincé à l’entrée de la salle : Maarten Mus était malade et ne se sentait plus en mesure d’assister Alexis van de Poele au volant de l’Audi n° 56. Si je pouvais trouver un remplacant ? J’avais négocié avec Lorenzo Donniacuo jusqu’à jeudi pour qu’il prenne place dans la SEAT de Ferry Monster, mais faute d’avoir pu conclure un accord avec un deuxième pilote, j’ai informé Ferry qu’il ne devait pas charger la SEAT et pouvait ainsi se concentrer pleinement sur la VW Golf GTI de Jonas De Kimpe, de DK Racing.

« Maarten va payer sa part, mais auriez-vous un pilote capable de le remplacer, avec un budget supplémentaire ? » furent la question des frères Koeten. Oui ! Et c’est à ce moment-là que j’ai appelé Lorenzo pour le réveiller. Une heure plus tard, il était dans les stands, prenant en main l’Audi RS3 LMS et signant immédiatement des chronos impressionnants. Sans même avoir parcouru un seul mètre, il faut le préciser ! Il décrocha ensuite la pole position pour le Sprint 1 des qualifications et domina la course de bout en bout.
Ces vingt minutes m’ont paru une éternité et, je l’avoue, je n’ai jamais autant soutenu un pilote TCR, ni même une équipe d’ailleurs !
